Artificiel, mais vrai

L’architecture de paysage, même dans ses expressions les plus naturalistes, fait de la nature un artifice. Partant de ce postulat, l’authenticité, le « vrai faux », devient le leitmotiv autant physique que symbolique de notre démarche qui brouille les frontières entre le design et l’art, la nature et l’artifice, le réel et le surréel. Afin de créer des objets et des expériences uniques, notre approche conceptuelle, en puisant dans les ressources inhérentes aux sites, embrasse histoire culturelle et sociopolitique, contraintes physiques et restrictions budgétaires, échéanciers serrés et conflits administratifs.

Lorsque nous abordons un projet, notre plus ardent désir consiste à définir une idée maîtresse capable de jouer un rôle catalyseur sur tous les aspects de son développement. Il s’agit pour nous de lancer dans le paysage un « appel » clair, bien que porteur d’une complexité sémantique, afin d’insuffler saveur et dynamisme à la ville. C’est pourquoi nous envisageons nos réalisations comme un hymne ininterrompu à la joie de vivre. En bousculant l’ordre établi et en provoquant, voire en déstabilisant le regard, nous souhaitons contribuer à la réinvention des paysages urbains et quotidiens. En suscitant des émotions et en produisant du sens, nous désirons réhabiliter la place publique et le paysage au cœur des rituels des citoyens. D’audacieux paysages stimulent, séduisent et attirent l’attention, car leur existence représente un marqueur identitaire qui dévoile la personnalité du site, mais aussi de la ville.

Nous considérons que le titre d’« architecte paysagiste » ne suffit plus à rendre compte des différentes facettes de notre pratique, car non seulement a-t-elle évolué au fil du temps, mais elle s’est surtout complexifiée. L’ajout des termes « architecture de paysage » et « design urbain » témoigne de cette évolution.